Tom

Tom Grignard

Tom Grignard – Bricoleur d’idioties utiles
Né à Nantes en 1995, vivant à Mulhouse

Diplômé du DNA Art de l’ESAAA à Annecy (félicitations du jury), Tom s’installe dans la sculpture, la performance et l’installation. Il y bricole un monde peuplé de mécanismes absurdes, dispositifs et sculptures activables. Les matériaux sont ceux du quotidien – bois, plexiglas, métal, textile, carton – assemblés avec une précision d’artisan et un humour d’enfant.

Il y a, dans le travail de Tom Grignard, une joie obstinée à faire basculer les choses du côté du jeu.
Formé d’abord à l’ébénisterie, il apprend à construire avec rigueur, à comprendre le bois, le geste, le grain.
Puis, il se met à dérégler les règles : à tordre les usages et à fabriquer des objets qui ne savent plus très bien à quoi ils servent. Cette déviation douce, il en fait un moteur.

L’idiot, concept récurrent de ces recherches, est son double scénique. Un clown fragile, ubuesque et inoffensif, qui performe ces objets. Il active les objets ce qui figure le passage à la performance. Ce personnage devient le passeur entre la sculpture et le spectateur : il désamorce la distance, autorise la maladresse, invite à rire, à douter, à toucher.

Dans son atelier, les ratés deviennent des pistes, les rebuts des matériaux nobles.
Ses installations naissent souvent d’un contexte concret : un atelier, un collectif, une exposition à monter, un espace à habiter ou des entreprises. Il co-crée avec l’artiste Antonia Majeru, des lieux, invente des manières de faire ensemble. À Annecy, il participe à la fondation de Pied Jaloux, friche artistique autogérée où il organise expositions et résidences. À Bruxelles, il s’implique dans la vie associative et dans la mise en place d’espaces d’exposition alternatifs. En 2025, il rejoint les ateliers MOTOCO à Mulhouse, pour y poursuivre ses recherches, entre sculpture et régie, entre travail manuel et réflexion sur le geste.

Inventaire d’outils absurdes.

Inspiré par Dada, Erwin Wurm ou Roman Signer, Tom cultive une esthétique de la petite catastrophe : celle qui déraille juste assez pour faire surgir une pensée.
À travers ses projets, il interroge la fonction, la productivité, l’utilité. Il joue avec la tension entre le faire et le défaire, entre l’usuel et le frivole, entre l’art et l’artisanat.
Ses œuvres sont des pièges à sérieux : elles se présentent comme des solutions techniques, mais n’ont d’autres ambitions que d’ouvrir des imaginaires.