portrait

Romane Glorieux

Née en 2000 et diplômée en 2025 du DNSEP de la Haute école des arts du Rhin (HEAR) en option design textile, Romane Glorieux vit dans la vallée de Thann et travaille dans un atelier à Motoco depuis la fin de ses études.

Son travail questionne les liens entre différentes espèces, les relations entre animalité et humain en traitant de la trace, du passage de l’un et de l’autre et du souvenir de leur possible passage, de ce qui reste et qui, plus tard, disparaîtra. Il n’y a, peut-être, que des créations éphémères vouées à disparaître dans le temps, à retourner à la terre, à se retransformer en matière première, à se décomposer, se désagréger doucement.

Sa pratique commence par une recherche de matières sur son territoire, beaucoup de terre cueillies ici et là qu’elle travaille ensuite dans son entièreté, de la récolte à la cuisson, le processus de transformation de ses matériaux est le début de chacune de ses productions.

A travers plusieurs techniques comme la création de moule, les prises d’empreintes, les tirages en terre et en plâtre, Romane a une pratique presque archéologique. Une archéologie du souvenir créé de toute pièce puisque ses traces sont en réalité invention, assemblage à partir de son imaginaire et de matières récoltées dans son environnement.

L’écriture à une place toute aussi importante dans sa pratique, pour raconter des gestes et des souvenirs, créer des histoires à partir de reste du réel, un travail d’archivage de sa propre mémoire pour continuer de se rattacher à ce qui existe et a existé, sûrement par peur d’oublier, de se désagréger à son tour aussi.

« Construire pour déconstruire, créer puis détruire en souvenir de ce qu’il n’y a plus, pour refaire encore, pour faire croire que tout n’a pas disparu. Il n’y a, peut-être, que des formes qui ne voudraient pas en être, composées puis décomposées pour en faire de nouvelles, encore, pour faire parler des corps qui ne parlent plus, entre matières et matériaux, vivant et minéral. Ici de la laine brute dans du plâtre, retirée, arrachée comme pour s’échapper, fuir l’enfermement, mais des traces, des fragments de sa présence reste pourtant. Jamais elles ne partiront vraiment, elles seront toujours un peu là, jusqu’à ce que le plâtre s’effrite à son tour, se brise, (re)devenant un jour fragment. »