Gabrielle Alexandre
Née en 1999 à Belfort, je grandis en Haute-Saône, lieu devenu la source de mon travail, le terrain de mes recherches.
J’ai d’abord été diplômée d’un DMA option Illustration à l’École Estienne à Paris, puis d’une licence et d’un master aux Beaux-Arts de Marseille.
Pour se sentir appartenir à un territoire, suffit-il d’y être né.e ? Suffit-il d’y grandir ou d’y vivre ? Ma pratique interroge ce sentiment d’appartenance, notamment en tant que femme évoluant dans les espaces ruraux. Mon attention se porte sur les liens qu’entretiennent les femmes entre elles au sein de ces espaces. Sans omettre certaines réalités il y a dans mon travail une volonté d’enchanter ce monde rural, mais aussi de raconter la fierté d’y avoir grandi. Le sentiment d’appartenance, c’est aussi assimiler et se ré-approprier les récits qui constituent l’endroit d’où l’on vient ; les histoires locales, familiales et personnelles.
Les contes et fictions populaires façonnent notre imaginaire collectif. Ma pratique tend à les réparer à l’aide de ces mémoires rurales, influencée par le concept de fiction réparatrice élaborée par Emilie Noteris.
À partir de témoignages de femmes résidant ou ayant grandi en Franche-Comté et de légendes collectées autour de personnalités féminines du territoire, je produis des installations et vidéos, traversées par le miroir déformant d’un imaginaire graphique et coloré. J’emploie différents langages formels afin de déployer ces récits : couture, impression textile, construction de décors, écriture de scripts, dessin, papier-peint, volume…
À partir de ces histoires lues ou retranscrites je fabrique un répertoire d’objets que je sélectionne pour créer une mise en scène : poupées évocatrices d’une présence humaine, animaux ou véhicules en tissus, bûches de bois, gâteaux, insectes et pattes d’oies en papier mâché, armes faites de branches ou baguettes magiques… Ces objets sont manipulés comme on jouerait à la poupée.
À chaque exposition ils sont agencés différemment, entretenant de nouvelles relations, offrant ainsi une nouvelle lecture. Parfois, ils deviennent des décors ou des costumes pour des projets de films. Activés par des acteurices, ils changent alors de fonction : il est véritablement question de jouer avec.
