Lu Bihler à motoco !

Une aventure dans l’intime.

L’histoire de Lu s’articule autour de la photographie. D’aussi loin qu’elle se souvienne, elle a toujours aimé photographier les choses, les personnes qui l’entouraient. C’est ainsi qu’après une première année en école d’arts plastiques à Paris, Lu s’est rendu à Berlin pour redécouvrir son art. Un programme qui lui a permis de mieux comprendre sa pratique et son histoire.

C’est à Berlin que le premier axe de sa pratique s’est développé : le portrait.

Lu se concentre sur des personnes queer. Elle veut les montrer, découvrir ce qu’iels sont, leur identité et leur rapport à leur corps. Lu veut exprimer par l’image ce qui ne peut être dit par des mots. Elle accorde une importance capitale à l’échange, à la compréhension de ses modèles. Elle veut un rapport humain, apprendre de chacun.e de ses interlocuteur.ices. Dans sa démarche, Lu aime les modèles qui ne l’ont jamais été. Elle sait qu’iels ne jouent pas, n’interprètent pas. Iels sont elleux-mêmes. Toujours dans cette quête de l’intime, elle choisit pour décor les appartements de celleux qu’elle photographie.

Après plusieurs aventures à travers l’Europe, elle décide de revenir sur les terres de son enfance, à Mulhouse. Un retour à ses origines qui se traduit par une transition de son travail vers son intime, son histoire, ses souvenirs. Une plongée dans son passé pour construire son présent. Lu interprète la fragilité des souvenirs, qu’ils soient bons ou mauvais. Bien qu’elle se perde parfois dans une forme de masochisme à travers les souvenirs douloureux, Lu cherche à traiter chaque évènement avec une distance et un regard analytique, une approche presque scientifique. Elle n’en oublie pas pour autant les aspects thérapeutiques et les émotions que lui procure l’expérience.

Celle qui exprimait par l’image ce qu’elle ne pouvait dire par des mots utilise désormais l’écriture pour répertorier ses sujets avant de construire ses créations.

Dans son mode de fonctionnement, Lu se risque à de nouvelles disciplines. Performance, installation, sculpture, gravure, couture, etc… une diversité qui lui offre de nombreuses possibilités d’évolution dans son travail. Un trait qui la caractérise et la pousse à apprendre de tout et de tout le monde. Depuis son arrivée à Motoco, elle profite des autres résident.e.s et de leurs savoir-faire pour s’inspirer et nourrir ses travaux. Une présence riche qui donne le sourire à celleux qui la croisent.

Lu jongle constamment entre l’intime des autres et le sien. Elle cherche à apprendre et à comprendre pour aborder des sujets identitaires essentiels.